Environnement

« La Norvège va révolutionner » : ce tuyau à 2 600 m promet de bouleverser le stockage du CO2 mondial

Andry Rakotomala Par Andry Rakotomala
4 min de lecture
« La Norvège va révolutionner » : ce tuyau à 2 600 m promet de bouleverser le stockage du CO2 mondial
Illustration de l'injection de CO₂ à 2 600 mètres sous la mer dans le cadre du projet Northern Lights en Norvège.
EN BREF
  • La Norvège lance une initiative mondiale de stockage du CO₂ à 2 600 mètres sous la mer.
  • Le projet Northern Lights réunit Equinor, Shell et TotalEnergies dans une collaboration internationale.
  • Une expansion est prévue pour tripler la capacité de stockage, soutenue par un financement européen.
  • TotalEnergies joue un rôle clé, intégrant le stockage de CO₂ dans sa stratégie climatique à long terme.

La Norvège est en train de marquer un tournant décisif dans le domaine du stockage du CO₂. Avec le projet Northern Lights, ce pays scandinave a initié une première mondiale en injectant du dioxyde de carbone à une profondeur de 2 600 mètres sous le fond marin, dans un réservoir géologique nommé Aurora. Ce projet symbolise une avancée technique majeure et s’inscrit dans la stratégie nationale de captage et stockage du carbone (CCS). Il implique plusieurs grands acteurs industriels, dont le géant français TotalEnergies. Cette initiative pourrait bien représenter un modèle pour l’industrialisation du stockage du CO₂ à l’échelle européenne et mondiale.

Le projet Northern Lights : une collaboration internationale

Le projet Northern Lights représente une collaboration entre trois géants de l’énergie : Equinor, Shell et TotalEnergies. Ce partenariat est structuré sous la forme d’un general partnership, où chaque entreprise contribue financièrement et techniquement. Equinor, en tant que maître d’œuvre, supervise la mise en place des infrastructures à terre et en mer, et assurera l’exploitation à long terme. L’objectif est d’industrialiser un procédé encore marginal à l’échelle mondiale et de démontrer sa viabilité économique et technique à grande échelle.

La capacité actuelle du site permet de stocker jusqu’à 1,5 million de tonnes de CO₂ par an, une capacité déjà entièrement réservée. Ce projet est un exemple unique de coopération internationale et de logistique transfrontalière, avec des volumes de CO₂ provenant de divers pays européens. Le projet Northern Lights pourrait ainsi devenir une plateforme de référence pour le stockage de CO₂ en Europe.

Après captage, le gaz est transformé en liquide, chargé sur un bateau spécialisé, puis acheminé par voie maritime vers la station de stockage d’Øygarden, située dans le comté de Vestland.
Après captage, le gaz est transformé en liquide, chargé sur un bateau spécialisé, puis acheminé par voie maritime vers la station de stockage d’Øygarden, située dans le comté de Vestland.

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Une expansion ambitieuse et nécessaire

En mars 2025, Northern Lights a annoncé une expansion significative, prévoyant d’augmenter sa capacité de stockage à 5 millions de tonnes de CO₂ par an. Cette expansion inclut l’installation de nouveaux réservoirs, de pompes plus puissantes, et l’acquisition de navires supplémentaires pour le transport du CO₂. Un financement de 140 millions d’euros via le programme européen Connecting Europe Facility for Energy soutient ce développement.

Avec cette expansion, le projet vise à répondre à une demande croissante et à positionner la Norvège comme un leader dans le stockage du CO₂ en Europe. Cette initiative est également un signal fort pour intégrer cette technologie dans la stratégie énergétique continentale, en offrant une solution viable pour réduire les émissions industrielles.

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TotalEnergies : un acteur central du projet

TotalEnergies joue un rôle crucial dans le projet Northern Lights, en apportant son expertise dans le forage profond et la logistique offshore. Le groupe participe activement à la conception des systèmes d’injection et à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en CO₂ liquide. Pour TotalEnergies, le captage et stockage du CO₂ est une composante essentielle de sa stratégie climatique à long terme, permettant de décarboner des secteurs difficiles à électrifier.

En s’impliquant dans Northern Lights, TotalEnergies espère non seulement réduire son empreinte carbone, mais aussi développer un nouveau modèle économique autour du stockage de CO₂. Le groupe envisage de répliquer ce type d’infrastructure ailleurs en Europe, contribuant ainsi à l’industrialisation du stockage du CO₂ à l’échelle mondiale.

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Les implications pour le marché du CO₂

Le stockage du CO₂ est en passe de devenir une composante essentielle du marché énergétique mondial. Selon l’Agence internationale de l’énergie, le marché du captage et stockage du carbone pourrait atteindre 200 milliards d’euros d’ici 2035. Avec Northern Lights, le CO₂ est géré comme une ressource logistique, capturé, liquéfié, transporté et enfoui, à l’instar du pétrole ou du gaz naturel.

Si le projet réussit, il pourrait être étendu à d’autres industries émettrices, contribuant ainsi à réduire l’empreinte carbone de l’Europe. La Norvège, avec ses formations rocheuses sous-marines stables, pourrait devenir le puits de carbone géologique du continent. Cette initiative soulève la question de l’avenir du CO₂ : pourrait-il devenir un produit géré comme un autre, avec ses propres chaînes de valeur et marchés ?

La Norvège a pris la tête d’une initiative pionnière avec le projet Northern Lights, offrant une solution innovante pour le stockage du CO₂. Alors que le projet se développe et s’étend, il ouvre la voie à de nouvelles possibilités pour réduire les émissions de carbone à l’échelle mondiale. Comment d’autres pays et industries suivront-ils cet exemple pour relever le défi du changement climatique ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Andry Rakotomala

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Andry Rakotomala

Andry Rakotomala a été pendant plusieurs années correspondant à Antananarivo pour des publications francophones, avant de rejoindre Afriquenligne. Il suit la vie politique du continent, les scrutins, les réformes institutionnelles et la société civile, en citant les textes officiels plutôt que leurs commentaires. Il lit la presse de cinq pays chaque matin, dans l'ordre alphabétique.