Culture

Le Bénin demande 35 biens culturels à la France, dont la statue du dieu Gou

Un comité scientifique franco-béninois est créé et une première réponse de Paris est attendue à la mi-octobre, selon des sources citées par RFI.

Mariam Coulibaly Par Mariam Coulibaly
4 min de lecture
Le Bénin demande 35 biens culturels à la France, dont la statue du dieu Gou
Un panneau en bois sculpté à motifs floraux, objet d'art évoquant les biens culturels.

Le Bénin demande à la France le retour de 35 biens culturels, et la démarche a franchi une étape le lundi 5 octobre 2026 : reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron lors d’une visite de travail, le président béninois Romuald Wadagni a remis ce dossier patrimonial au cœur de l’entretien. Au sommet de la liste figure une statue en fer du dieu Gou, la pièce à laquelle Cotonou accorde le plus de prix.

En bref

  • Comme le rapporte Benin Web TV , c’est au cours de son entretien officiel avec le chef de l’État français que Romuald Wadagni a relancé le sujet.
  • Elle n’en est pas à sa première réclamation : une demande avait déjà été formulée en 2016, sous la présidence de Patrice Talon.
  • La visite du 5 octobre a par ailleurs coïncidé avec la conclusion de trois accords économiques entre les deux pays, dont le contenu n’a pas été détaillé.

Une deuxième vague de restitutions portée à l’Élysée

35biens culturels réclamés par le Bénin
26trésors royaux du Danhomè déjà rendus en novembre 2021
5 octobre 2026entretien Wadagni-Macron à l’Élysée

Comme le rapporte Benin Web TV, c’est au cours de son entretien officiel avec le chef de l’État français que Romuald Wadagni a relancé le sujet. La requête ne part pas de rien. Elle constitue une seconde vague, près de cinq ans après le retour au pays des 26 trésors royaux, et elle couvre des objets d’origines diverses : certains proviennent d’Abomey, d’autres de Porto-Novo ou de Kétou, une partie enfin de dons.

Le périmètre est donc plus large que celui de 2021, centré sur les trésors royaux du Danhomè. Il mêle pièces de cour, objets rituels et mobilier de souverains de plusieurs royaumes de l’actuel Bénin.

La statue de Gou, pièce maîtresse du dossier

La sculpture en fer de Gou vient de l’ancien royaume du Dahomey. Gou y est honoré comme divinité vodun du fer, de la forge et des forgerons. L’œuvre a été conçue en hommage au roi Glèlè, père de Béhanzin, souverain resté dans l’histoire pour sa résistance aux troupes coloniales françaises.

Selon Benin Web TV, la statue a été pillée en 1892, pendant la conquête du Dahomey, puis conservée au musée du Louvre. Elle n’en est pas à sa première réclamation : une demande avait déjà été formulée en 2016, sous la présidence de Patrice Talon. Son inscription sur la nouvelle liste prolonge ainsi une revendication vieille de dix ans.

Ce que contient la liste transmise à Paris

Au-delà de Gou, plusieurs objets ont été identifiés publiquement, dont deux sont aujourd’hui conservés au musée du Quai Branly, à Paris :

  • des amulettes d’amazones, liées aux guerrières du royaume ;
  • un chapelet de divination ;
  • le siège en bois du roi Toffa de Porto-Novo ;
  • un plateau de divination en bois sculpté, exposé au Quai Branly ;
  • le trône du roi Toffa de Porto-Novo, que le même musée abrite.

Ces exemples ne couvrent qu’une partie des 35 biens. Le détail complet de la liste n’a pas été rendu public.

Comité scientifique, loi-cadre et calendrier

Les deux pays se sont entendus sur la création d’un comité scientifique chargé du dossier. D’après RFI, la partie béninoise est déjà constituée, tandis que les membres côté français sont encore en cours de désignation.

Élément Côté béninois Côté français
Comité scientifique Membres nommés par décret Membres en cours de désignation
Présidence et composition Alain Godonou, expert du patrimoine et conservateur, à la tête de six personnes, dont l’historienne de l’art Marie-Cécile Zinsou et le directeur du Patrimoine culturel Désignation en cours

Le calendrier évoqué relève de sources bien informées citées par RFI, et non d’une décision officielle. Il s’ordonne ainsi :

  1. Nomination par décret des membres béninois du comité.
  2. Promulgation par Emmanuel Macron de la loi-cadre sur les biens culturels spoliés.
  3. Première réponse française attendue par Cotonou.
  4. Discussions entre les deux parties.

Ce n’est qu’au terme de ces échanges que l’on saura si Paris accepte de rendre la totalité des 35 biens ou seulement une partie. La visite du 5 octobre a par ailleurs coïncidé avec la conclusion de trois accords économiques entre les deux pays, dont le contenu n’a pas été détaillé.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Jef K. Licence Pexels.

Mariam Coulibaly

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Mariam Coulibaly

Mariam Coulibaly a commencé dans la rubrique économie d'un hebdomadaire d'Abidjan, entre bilans d'entreprises et cours du cacao. Elle suit pour Afriquenligne les marchés, l'investissement, l'emploi et les entreprises africaines, avec un goût prononcé pour les exemples concrets plutôt que les grands chiffres. Elle collectionne les pagnes anciens, qu'elle ne porte jamais mais qu'elle montre volontiers.