Économie

James Mwangi, patron d’Equity, rejoint une commission mondiale

Le directeur général du groupe bancaire kényan Equity siège à titre personnel à la South-North Commission on Development, dévoilée à Berlin le 5 octobre, avec une première réunion prévue à Bangkok.

Mariam Coulibaly Par Mariam Coulibaly
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James Mwangi, patron d’Equity, rejoint une commission mondiale
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Le patron d’un groupe bancaire dont la grande majorité des transactions se font hors des agences vient de rejoindre un cénacle réunissant des dirigeants d’institutions internationales. James Mwangi, directeur général d’Equity Group Holdings, a été nommé à la South-North Commission on Development, une instance chargée de repenser la coopération entre le Sud et le Nord. L’information a été rapportée le 8 octobre par le média kényan Kahawatungu.

En bref

  • James Mwangi, directeur général d’Equity Group Holdings, a été nommé à la South-North Commission on Development, une instance chargée de repenser la coopération entre le Sud et le Nord.
  • Il ajoute que l’Afrique ne doit plus être regardée à travers le prisme de l’aide : elle représente selon lui une source de croissance, de talents, d’innovation et d’investissement.
  • Pour un dirigeant africain du secteur privé, la nomination offre une tribune à un moment où ces objectifs arrivent à échéance, et où la question du financement du développement reste centrale pour le continent.

Une commission présentée à Berlin

La commission a été dévoilée à Berlin le 5 octobre par ses deux coprésidents : l’ancien chancelier allemand Olaf Scholz et l’ancienne présidente du Costa Rica Laura Chinchilla. Elle rassemble des responsables issus des entreprises, des gouvernements, des institutions internationales, du monde universitaire et de la société civile. Son ambition est de prolonger l’héritage de la Commission Nord-Sud que Willy Brandt a présidée à partir de 1977.

Parmi les autres membres cités figurent le président de la Banque mondiale Ajay Banga, la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce Ngozi Okonjo-Iweala, l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement Alexander De Croo et le prix Nobel de la paix Denis Mukwege. James Mwangi est l’un des deux dirigeants d’entreprise retenus et le seul représentant africain du secteur privé. Il y siège à titre personnel, et non au nom d’Equity.

Ce que le banquier compte apporter

Mwangi met en avant plus de trois décennies d’expérience dans les services financiers et le développement. Il dit vouloir apporter ce que son groupe a appris pour mobiliser des capitaux locaux et internationaux, appuyer les entrepreneurs et les petites entreprises, et faire de l’inclusion financière et économique un socle pour l’emploi et la prospérité partagée.

Il a aussi livré une lecture du rôle de la commission. Il rappelle que l’instance de Willy Brandt avait donné au monde le vocabulaire de l’interdépendance, et que la tâche, cinquante ans plus tard, est de le traduire en partenariats qui fonctionnent. Il ajoute que l’Afrique ne doit plus être regardée à travers le prisme de l’aide : elle représente selon lui une source de croissance, de talents, d’innovation et d’investissement.

Equity, un groupe tourné vers le mobile et le numérique

Selon Kahawatungu, Equity compte plus de 23 millions de clients au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud, soit six pays cités. Environ 98 % de ses transactions se déroulent hors des agences physiques. Le magazine Jeune Afrique, de son côté, évoque une présence dans sept pays, avec un objectif de quinze à l’horizon 2030. La différence de décompte tient sans doute au périmètre retenu par chaque média, mais aucune des deux sources ne l’explique.

Jeune Afrique indique par ailleurs que la moitié du bilan du groupe, qui atteint 17,5 milliards de dollars, est réalisée hors du Kenya. Dans un entretien dont seul le début est accessible gratuitement, le titre présente Equity comme le leader de l’Afrique de l’Est et mentionne trois sujets : l’expansion régionale, l’intelligence artificielle et un projet de raffinerie à Lamu. Le contenu de ces échanges n’étant pas librement consultable, il n’est pas détaillé ici.

Kahawatungu rappelle enfin que le groupe poursuit des initiatives consacrées au développement du continent, dont l’Africa Recovery and Resilience Plan, doté de six milliards de dollars. Ce programme vise 100 millions de clients et cinq millions d’entreprises emprunteuses d’ici 2030. Le groupe soutient également des actions dans les domaines du climat, de l’agriculture, de l’éducation, de la jeunesse et de la création d’emplois, et avance sur le financement privé du développement.

Le calendrier annoncé

  • 16 et 17 octobre : première réunion à Bangkok, en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale ;
  • 2027 : présentation de conclusions intermédiaires, cinquante ans après le début des travaux de la commission Brandt ;
  • fin 2028 : publication du rapport final.

Les recommandations doivent contribuer à façonner l’agenda mondial du développement au-delà des Objectifs de développement durable des Nations unies fixés pour 2030. Pour un dirigeant africain du secteur privé, la nomination offre une tribune à un moment où ces objectifs arrivent à échéance, et où la question du financement du développement reste centrale pour le continent.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Tall Black. Licence : CC BY-SA 4.0.

Mariam Coulibaly

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Mariam Coulibaly

Mariam Coulibaly a commencé dans la rubrique économie d'un hebdomadaire d'Abidjan, entre bilans d'entreprises et cours du cacao. Elle suit pour Afriquenligne les marchés, l'investissement, l'emploi et les entreprises africaines, avec un goût prononcé pour les exemples concrets plutôt que les grands chiffres. Elle collectionne les pagnes anciens, qu'elle ne porte jamais mais qu'elle montre volontiers.