Politique

Les sombres réalités de Neom : la ville futuriste d’Arabie saoudite dissimule un lourd passé

Ibrahima Sarr Par Ibrahima Sarr
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Les sombres réalités de Neom : la ville futuriste d’Arabie saoudite dissimule un lourd passé

Derrière les promesses d’une vie luxueuse et technologique, se cachent des réalités bien plus sombres. En effet, pour bâtir cette utopie moderne, l’Arabie saoudite a déployé une violence inouïe, expropriant des milliers de Bédouins et réprimant toute opposition. Comment ce rêve futuriste a-t-il pu se transformer en un cauchemar pour les habitants locaux?

Les promesses de Neom

Neom se veut une ville révolutionnaire, incarnant l’avenir de l’urbanisme. Selon les vidéos promotionnelles, elle promet des hôtels de luxe, des majordomes robotisés, et même une lune artificielle. Cette ville est censée être un paradis technologique en plein désert.

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Le projet le plus emblématique de Neom est « The Line », un bâtiment de 170 kilomètres de long. Conçu pour abriter neuf millions de personnes d’ici 2045, il est censé être neutre en carbone. Cependant, cette utopie écologique a un coût humain élevé.

La réalité des expropriations

Depuis le début des travaux, des milliers de Bédouins ont été expropriés. Le prince héritier affirme que la région est inhabitée, mais en réalité, vingt mille Bédouins y vivent depuis des siècles. Les bulldozers avancent, détruisant maisons et terres.

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Les habitants qui refusent de partir sont sévèrement réprimés. Arrestations, tortures et peines de prison allant jusqu’à cinquante ans sont courantes. Certains sont même condamnés à mort, qualifiés de « terroristes » par les autorités.

Le rôle des entreprises étrangères

Malgré les violations des droits humains, de nombreuses entreprises étrangères participent au projet Neom. Attirées par le budget colossal de 500 milliards de dollars, elles ferment les yeux sur les exactions. Bauer, Veolia et Trevi sont parmi celles impliquées.

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Cette complicité internationale a attiré l’attention du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU. En mai 2023, il a publiquement interpellé Mohammed ben Salmane et les entreprises concernées, mais les travaux continuent.

Expropriations Destruction de maisons, répression des habitants
Répressions Arrestations, tortures, peines de prison sévères
Entreprises étrangères Complicité dans les violations des droits humains

Les critiques envers Neom ne se limitent pas aux droits humains. Le projet soulève aussi des questions écologiques et éthiques. Peut-on justifier de telles exactions au nom du progrès technologique?

  • Destruction de l’habitat traditionnel
  • Violations des droits humains
  • Complicité des entreprises internationales

Neom, censée être une ville du futur, est actuellement un symbole de souffrance pour de nombreux Bédouins. Les promesses grandioses de technologie et de luxe ne peuvent-elles pas se réaliser sans détruire des vies? Comment imaginer un futur radieux sur des fondations aussi sombres?

Ibrahima Sarr

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Ibrahima Sarr

Ibrahima Sarr a débuté dans un quotidien de Dakar, où il a couvert les municipales avant de s'intéresser aux réformes institutionnelles du continent. Il écrit pour Afriquenligne sur la politique, la société et l'éducation, en recoupant les déclarations avec les textes et les chiffres publics. Il prépare son café lui-même, trop fort selon ses collègues, et lit les journaux sur papier le samedi.