Science

« Ils vont changer le monde avec ça » : la France mise sur cette entreprise audacieuse qui s’attaque aux déchets nucléaires avec un réacteur inédit

Fanja Rakotonirina Par Fanja Rakotonirina
4 min de lecture
« Ils vont changer le monde avec ça » : la France mise sur cette entreprise audacieuse qui s’attaque aux déchets nucléaires avec un réacteur inédit
Illustration de l'innovation dans le secteur nucléaire avec un réacteur capable de consommer ses propres déchets, générée par intelligence artificielle.
EN BREF
  • Stellaria développe un réacteur nucléaire de quatrième génération capable de recycler ses propres déchets.
  • La densité énergétique du réacteur Stellarium est 70 millions de fois supérieure à celle des batteries lithium-ion.
  • Avec un financement de 33 millions d’euros, Stellaria collabore avec des partenaires tels que Schneider Electric et Technip Energies.
  • D’autres startups comme Newcleo et Naarea innovent également dans le secteur nucléaire français en développant des réacteurs modulaires.

Dans un contexte énergétique mondial en pleine mutation, l’innovation devient un levier essentiel pour répondre aux défis de demain. Une startup française, Stellaria, suscite un intérêt particulier avec son projet ambitieux de réacteur nucléaire capable de consommer plus de déchets qu’il n’en produit. Cette avancée pourrait représenter un tournant majeur dans la gestion des déchets nucléaires et l’avenir de l’énergie propre.

Le projet Stellarium : une innovation prometteuse

Stellaria s’est lancée dans une aventure audacieuse avec le développement du réacteur Stellarium, un réacteur nucléaire de quatrième génération. Utilisant des neutrons rapides et un combustible liquide à base de sels fondus de chlorures, ce réacteur se distingue par sa capacité à recycler ses propres déchets. Contrairement aux réacteurs traditionnels à eau pressurisée, le Stellarium fonctionne en cycle fermé, ce qui lui permet de réduire considérablement la quantité de déchets produits. Ce projet pourrait bien redéfinir les normes de l’industrie nucléaire.

Le réacteur Stellarium vise également à transmuter les déchets radioactifs à vie longue en éléments moins dangereux. En théorie, il pourrait même détruire plus de déchets qu’il n’en génère, une première à l’échelle industrielle. Avec un financement solide de 33 millions d’euros, dont 10 millions issus du plan France 2030, Stellaria est bien positionnée pour transformer cette vision en réalité.

Le réacteur Stellarium appartient à la quatrième génération. Sa technologie n'est pas encore totalement maîtrisée, mais elle s'annonce très prometteuse !
Le réacteur Stellarium appartient à la quatrième génération. Sa technologie n’est pas encore totalement maîtrisée, mais elle s’annonce très prometteuse !

« Un tournant pour l’Afrique » : ce méga-gisement de gaz redessine totalement les rapports de force sur le continent

Une technologie de pointe aux performances impressionnantes

Sur le papier, le réacteur Stellarium affiche des performances énergétiques impressionnantes. Sa densité énergétique serait 70 millions de fois supérieure à celle d’une batterie lithium-ion, lui permettant d’alimenter une ville de 400 000 habitants. Ces caractéristiques font du Stellarium une alternative viable aux centrales à charbon et à gaz dans les zones industrielles. Les fondateurs de Stellaria prévoient d’initier la première réaction de fission d’ici 2029, avec une exploitation commerciale envisagée dès 2035.

Ce calendrier ambitieux repose sur des concepts éprouvés, modernisés grâce à des outils contemporains. La technologie innovante du Stellarium, associée à une sécurité passive et à des coûts d’installation modérés, séduit déjà les investisseurs. Ces atouts sont d’autant plus précieux que de nombreux projets nucléaires traditionnels rencontrent des retards coûteux.

Berlin lance l’offensive : cette alliance inédite de 50 géants allemands défie la suprématie chinoise sur les batteries futuristes

Un écosystème d’investisseurs et de partenaires solides

Le succès de Stellaria ne repose pas uniquement sur sa technologie novatrice, mais également sur un réseau solide d’investisseurs et de partenaires. Lors de son dernier tour de table, Stellaria a levé 23 millions d’euros, soutenue par des acteurs majeurs tels qu’At One Ventures et Supernova Invest. Ces fonds devraient permettre à l’entreprise de doubler ses effectifs et d’accélérer la recherche et développement sur son site de Grenoble.

Parmi les partenaires industriels de Stellaria figurent Schneider Electric et Technip Energies, tous deux prêts à accompagner l’industrialisation du projet. Cette collaboration stratégique pourrait bien faire du Stellarium une pièce maîtresse du puzzle énergétique européen. Le réacteur répond à des critères essentiels : une électricité pilotable, bas carbone, et capable de répondre aux besoins croissants de l’Europe.

Business, politique, célébrités… Acheter-des-Fans.com, leur solution n°1 pour faire décoller leur influence sur les réseaux sociaux en Afrique

Le paysage nucléaire français en pleine transformation

Stellaria n’est pas la seule startup à redéfinir le secteur nucléaire français. D’autres entreprises innovantes, telles que Newcleo et Naarea, développent également des projets ambitieux. Newcleo, par exemple, se concentre sur les SMR (Small Modular Reactors) et les AMR (Advanced Modular Reactors), capables de fonctionner avec des combustibles alternatifs et des fluides caloporteurs comme le plomb fondu. Naarea, de son côté, travaille sur un micro-réacteur de 40 MWe utilisant une technologie similaire à celle du Stellarium.

Ces initiatives, soutenues par des investissements conséquents, témoignent d’une volonté de rendre le nucléaire plus agile, modulaire et recyclable. Le secteur nucléaire français du XXIe siècle semble bien décidé à s’affranchir des anciennes contraintes et à s’adapter aux besoins énergétiques modernes.

Face à ces innovations et au soutien croissant des investisseurs, le futur du nucléaire semble prometteur. Stellaria, avec son réacteur Stellarium, pourrait bien être à l’avant-garde de cette transformation. Comment ces projets influenceront-ils l’avenir énergétique de la France et du monde entier ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Fanja Rakotonirina

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Fanja Rakotonirina

Fanja Rakotonirina a travaillé dans la microfinance avant de se tourner vers le journalisme économique. Elle couvre pour Afriquenligne l'économie, la santé publique et la culture, avec un intérêt marqué pour l'entrepreneuriat féminin et les chiffres qui éclairent la vie quotidienne. Le week-end, elle chante dans une chorale.