Économie

« La France veut sa part du gâteau à 559 milliards » : le pays relance à toute vitesse son industrie des semi-conducteurs

Fanja Rakotonirina Par Fanja Rakotonirina
4 min de lecture
« La France veut sa part du gâteau à 559 milliards » : le pays relance à toute vitesse son industrie des semi-conducteurs
Illustration de l'unité d'assemblage de semi-conducteurs proposée en France par Thales, Radiall et FoxConn. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • Thales, Radiall et FoxConn s’unissent pour lancer une unité d’assemblage de semi-conducteurs en France.
  • Le marché mondial des semi-conducteurs est en pleine expansion, avec des prévisions de croissance significatives pour 2025.
  • Le projet s’inscrit dans le cadre du Chips Act européen, visant à renforcer la souveraineté technologique de l’UE.
  • Plusieurs régions françaises se disputent l’implantation de cette usine stratégique, avec des implications économiques majeures.

En mai 2025, Thales, Radiall et FoxConn ont annoncé leur intention de collaborer pour dynamiser l’industrie des semi-conducteurs en France. Cette initiative marque un tournant stratégique pour le pays, désireux de renforcer sa position dans un secteur crucial pour l’avenir technologique. En créant une unité d’assemblage et de test externalisé, connue sous le nom de site OSAT, la France ambitionne de réduire sa dépendance aux importations et d’accroître sa souveraineté technologique. Ce projet s’inscrit dans un contexte mondial où la demande pour les semi-conducteurs ne cesse de croître, portée par l’essor des technologies avancées comme l’intelligence artificielle et le cloud.

Un électrochoc industriel pour la France

La création d’une unité OSAT en France pourrait bien constituer l’électrochoc dont l’industrie nationale des semi-conducteurs a besoin. Depuis des années, la France peine à rivaliser avec les géants asiatiques et américains dans ce secteur. Pourtant, avec l’implication de Thales, Radiall et FoxConn, ce projet pourrait inverser la tendance. Ces trois entreprises apportent chacune une expertise complémentaire : Thales a une solide expérience dans les composants critiques, Radiall est réputé pour ses connecteurs à haute fiabilité, et FoxConn excelle dans l’assemblage électronique à grande échelle.

La mise en place de cette unité en France pourrait significativement réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations et renforcer sa compétitivité. En effet, le packaging avancé, qui consiste à encapsuler plusieurs puces dans un module unique, est désormais aussi crucial que la fabrication des semi-conducteurs elle-même. La France a donc l’opportunité de se positionner en leader sur ce segment stratégique.

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Le marché mondial des semi-conducteurs en plein essor

Le marché mondial des semi-conducteurs connaît une croissance fulgurante. En 2024, il a généré environ 559 milliards d’euros, avec des prévisions atteignant entre 644 et 660 milliards d’euros pour 2025. Cette progression est principalement alimentée par la demande en intelligence artificielle, en cloud computing et en électronique avancée. Les Amériques, en particulier, ont enregistré une croissance impressionnante, avec une augmentation de 45,3 % en un an.

Face à cette dynamique, l’Europe et les États-Unis investissent massivement pour renforcer leur souveraineté technologique. La France, bien que toujours présente dans l’industrie des semi-conducteurs, doit faire face à une concurrence accrue. En 2022, sa production représentait 11 % de celle de l’Union européenne, mais elle reste tributaire des importations pour les étapes les plus avancées de fabrication. Avec ce nouvel investissement, la France espère redresser la barre et jouer un rôle plus significatif à l’échelle mondiale.

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Un projet structurant pour l’Europe

Ce projet s’inscrit dans le cadre du « Chips Act » européen, qui vise à doubler la part de marché de l’UE dans les semi-conducteurs d’ici 2030. L’objectif est de réduire la dépendance de l’Europe à l’Asie, particulièrement vulnérable face aux perturbations comme la pandémie de Covid-19 ou les tensions géopolitiques. L’investissement prévu pour cette unité en France dépasse 250 millions d’euros, et pourrait potentiellement attirer d’autres partenaires industriels.

Ce n’est pas qu’une simple usine, mais un véritable catalyseur pour la relocalisation de toute une filière. En créant un écosystème autour de ce projet, la France pourrait devenir un centre névralgique pour l’innovation et la production de semi-conducteurs en Europe, renforçant ainsi sa position sur la scène internationale.

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Quel avenir pour la localisation de la future usine ?

Actuellement, le lieu exact de la future usine de semi-conducteurs en France n’a pas encore été officialisé. Cependant, plusieurs régions se portent candidates pour accueillir ce projet d’envergure, prêtes à proposer des incitations fiscales et des partenariats avec des clusters technologiques. Ce choix stratégique pourrait transformer la région sélectionnée en un hub technologique majeur, attirant talents et investissements.

La décision finale tiendra compte de nombreux facteurs, dont la disponibilité des infrastructures, le soutien des autorités locales, et les synergies possibles avec d’autres acteurs industriels. Alors que le projet est encore en phase d’étude de faisabilité, il suscite déjà un vif intérêt et de grandes attentes. Mais, au-delà de la localisation, quelles implications ce développement aura-t-il sur la résilience industrielle de la France face aux défis technologiques mondiaux ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.