Économie

Gisement d’Uranium au Niger : voici comment ils ont réussi à le récupérer

Niger : l'État récupère le gisement d'uranium d'Imouraren, retirant le permis à Orano. Un tournant historique pour les ressources naturelles du pays.

Andry Rakotomala Par Andry Rakotomala
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Gisement d’Uranium au Niger : voici comment ils ont réussi à le récupérer

Le gouvernement du Niger a pris une décision majeure concernant le gisement d’uranium d’Imouraren. Selon un communiqué officiel, « le périmètre d’Imouraren fait désormais son retour dans le domaine public de l’État ». Cette annonce intervient après l’adoption en conseil des ministres d’un « projet de décret portant retrait du permis d’exploitation de l’uranium à la société Imouraren SA », une filiale de la société française Orano. Cette nouvelle marque un tournant important pour les politiques d’exploitation des ressources naturelles au Niger.

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Le contexte de la décision nigérienne

En janvier 2009, le permis d’Imouraren avait été accordé à Orano « pour une grande exploitation d’uranium ». Selon le gouvernement, les travaux d’exploitation du gisement devaient « démarrer en janvier 2011 pour une première production prévue en 2012 ». Cependant, ces objectifs n’ont jamais été atteints.

Imouraren, situé dans le nord du Niger, est l’un des plus grands gisements d’uranium au monde, avec des réserves estimées à 200 000 tonnes. La chute des prix de l’uranium sur le marché mondial, après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011, avait gelé les opérations d’Orano.

La fracture entre Niamey et Orano

Le 12 juin dernier, Orano avait annoncé le lancement récent de « travaux préparatoires ». Nonobstant les reports accordés à sa demande, la société française « n’a jamais honoré ses engagements » malgré deux « mises en demeure » qui lui ont été « adressées par le ministère des Mines le 11 février 2022 puis le 19 mars 2024 », détaille le gouvernement.

Le régime militaire au pouvoir à Niamey depuis un coup d’État en juillet 2023, a plusieurs fois répété qu’il souhaitait revoir en profondeur le système d’exploitation des matières premières sur son sol par des compagnies étrangères. Ce contexte a précipité la décision de retirer le permis à Orano.

Résumé Détail
Permis Accordé en 2009
Échéance Travaux non commencés
Orano Mises en demeure non respectées

Les impacts économiques et politiques

Le retrait du permis par le gouvernement nigérien marque un coup dur pour Orano. Après cette annonce, Orano s’est dit disposée à « maintenir ouverts les canaux de communication » avec les autorités, tout en se « réservant le droit de contester la décision » devant la justice.

Le Niger fournit officiellement 4,7 % de la production mondiale d’uranium naturel, derrière le Kazakhstan (45,2 %), selon des chiffres de 2021 de l’agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA). Un quart de l’approvisionnement en uranium naturel des centrales nucléaires européennes en 2022 provenait du Niger.

  • Retrait du permis d’Imouraren
  • Réserves estimées à 200 000 tonnes
  • Impact sur les centrales nucléaires européennes

Les décisions actuelles en matière de gestion des ressources naturelles par le gouvernement nigérien posent des questions cruciales. Comment cette récupération des ressources se traduira-t-elle sur le plan économique et social pour le Niger? Le pays saura-t-il tirer parti de cette reprise de contrôle pour améliorer le bien-être de ses citoyens?

Sujets
Andry Rakotomala

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Andry Rakotomala

Andry Rakotomala a été pendant plusieurs années correspondant à Antananarivo pour des publications francophones, avant de rejoindre Afriquenligne. Il suit la vie politique du continent, les scrutins, les réformes institutionnelles et la société civile, en citant les textes officiels plutôt que leurs commentaires. Il lit la presse de cinq pays chaque matin, dans l'ordre alphabétique.