Environnement

Afrique du Sud : « ils ont transformé notre terre volée en réserve prospère » une communauté prouve que la réforme agraire peut rapporter 2 millions d’euros par an

Volana Rasoamanarivo Par Volana Rasoamanarivo
4 min de lecture
Afrique du Sud : « ils ont transformé notre terre volée en réserve prospère » une communauté prouve que la réforme agraire peut rapporter 2 millions d’euros par an
Illustration de la communauté des Gumbi et de la réserve naturelle de Somkhanda en Afrique du Sud.
EN BREF
  • La communauté des Gumbi a récupéré ses terres après l’apartheid, créant une réserve naturelle qui abrite les Big Five.
  • Des partenariats avec des organisations de conservation et des agences gouvernementales ont été cruciaux pour le succès du projet.
  • La réserve de Somkhanda offre des emplois et des opportunités économiques, bien que tous les membres de la communauté ne bénéficient pas encore du projet.
  • Pour pérenniser le projet, il est essentiel de renforcer les partenariats et d’impliquer toute la communauté dans la prise de décision.

La restitution des terres en Afrique du Sud est un processus complexe qui remonte à la fin de l’apartheid en 1994. Les communautés qui ont été dépossédées, comme celle des Gumbi, cherchent à récupérer leurs terres et à en tirer profit. Cependant, la gestion de ces terres restituées pose de nombreux défis, notamment en termes de gouvernance et de bénéfices communautaires. La réserve naturelle de Somkhanda, dans la province du KwaZulu-Natal, est un exemple de projet de tourisme communautaire qui montre comment une communauté peut tirer parti de la biodiversité locale pour créer des opportunités économiques.

La création d’une réserve naturelle

Après la fin de l’apartheid, la communauté des Gumbi a mis en place le Emvokweni Community Trust pour récupérer leurs terres. Grâce à des partenariats avec le gouvernement et des organisations de conservation, ils ont identifié le potentiel de leur terre comme corridor de biodiversité. En 2005, ils ont récupéré leur terre et ont décidé de consacrer 74 % de celle-ci à la conservation, tandis que le reste a été utilisé pour construire un nouveau village.

En 2011, la région a été officiellement déclarée réserve naturelle. Cela a permis aux Gumbi d’obtenir un financement pour développer des infrastructures comme des routes et des portails d’entrée, ainsi que pour acquérir des animaux pour la réserve. Aujourd’hui, la réserve de Somkhanda abrite les « Big Five » : lions, éléphants, buffles, rhinocéros et léopards. Elle est gérée conjointement par le Emvokweni Community Trust et l’organisation environnementale Wildlands.

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La réserve rivalise désormais avec des réserves privées prestigieuses telles que Timbavati et Phinda.

Réserve animalière
Réserve animalière

Compétences et emplois nécessaires pour gérer la réserve

Les membres de la communauté des Gumbi ont suivi des formations en gestion des ressources naturelles et en hôtellerie. Cela leur a permis de travailler comme rangers ou dans l’accueil des visiteurs. La réserve offre des emplois dans une région où les opportunités sont rares. Actuellement, elle emploie 83 personnes à temps plein et plus de 200 travailleurs temporaires.

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Malgré ces emplois, le projet ne peut pas employer toute la communauté. Certains membres ressentent une certaine frustration, car ils se sentent exclus des bénéfices de la réserve. Pour pallier cela, la communauté a récemment obtenu une subvention pour construire des lodges de luxe. Les profits générés serviront à financer l’entretien de la réserve et à améliorer les infrastructures communautaires.

Les défis à relever

Les projets de tourisme communautaire sur des terres restituées doivent surmonter plusieurs obstacles. Parmi eux, la nécessité de partenariats solides avec des ONG et des agences gouvernementales. Les leaders locaux doivent être impliqués dans la prise de décision pour mobiliser le soutien communautaire et s’assurer que toutes les voix sont entendues.

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Il est crucial de se concentrer sur les bénéfices communautaires, d’organiser des rapports réguliers et des évaluations, et de partager les ressources. La formalisation des échanges de connaissances est également recommandée pour partager les meilleures pratiques et stimuler de nouvelles idées.

Perspectives d’avenir

En Afrique du Sud, la crainte persiste que les terres restituées soient mal gérées. Cependant, à Somkhanda, les Gumbi ont prouvé leur compétence en tant que gestionnaires et développeurs de terres. Ils contribuent à la restauration et à la protection des écosystèmes locaux.

Pour aller de l’avant, il est essentiel que les communautés continuent de renforcer leurs partenariats et d’impliquer tous les membres dans les projets. Cela soulève une question importante : comment d’autres communautés en Afrique du Sud peuvent-elles s’inspirer du modèle de Somkhanda pour transformer la restitution des terres en une réussite économique et écologique durable ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Volana Rasoamanarivo

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Volana Rasoamanarivo

Volana Rasoamanarivo a étudié la biologie à Antananarivo et travaillé comme assistante de recherche sur les forêts humides de l'est de Madagascar. Pour Afriquenligne, elle écrit sur les sciences, l'environnement, le climat et la biodiversité africaine, en s'appuyant sur les publications scientifiques et les données de terrain. Elle garde toujours un carnet de relevés botaniques dans son sac.