Environnement

« Une Arche végétale pour l’humanité » : cette banque de graines accueille 100 000 semences africaines pour faire face à la fin du monde

Fanja Rakotonirina Par Fanja Rakotonirina
3 min de lecture
« Une Arche végétale pour l’humanité » : cette banque de graines accueille 100 000 semences africaines pour faire face à la fin du monde
Des graines africaines précieuses prêtes à rejoindre le coffre-fort du Svalbard, symbole d'espoir pour la biodiversité mondiale.
EN BREF
  • Éliane Ubalijoro, directrice du Cifor-Icraf, transporte des graines africaines vers le Svalbard pour assurer la résilience post-catastrophe.
  • Le Svalbard, surnommé la « banque de graines pour l’Apocalypse », accueille désormais treize espèces africaines précieuses pour l’environnement.
  • Le rôle des femmes africaines est crucial pour préserver les « cultures féminines » et garantir la biodiversité nécessaire.
  • La banque de graines protège également des plantes médicinales comme l’Acacia polyacantha et le baobab africain, essentielles pour la santé.

Les graines, ces fragments d’avenir, représentent l’espoir pour Éliane Ubalijoro, directrice générale du Centre pour la recherche forestière internationale et l’agroforesterie mondiale (Cifor-Icraf). Chargée du transport de précieuses semences africaines vers le Svalbard, elle voit en elles un potentiel de reconstruction post-catastrophe. En effet, les banques de graines ont déjà prouvé leur utilité, notamment au Rwanda après le génocide de 1994. Le coffre-fort de graines du Svalbard, souvent appelé « banque de graines pour l’Apocalypse », accueille désormais treize espèces africaines, dont les semences doivent être soigneusement entretenues pour préserver leur capacité à germer.

Replanter après la catastrophe

Le continent africain, berceau de l’humanité, abrite des trésors végétaux inestimables. Parmi eux, Faidherbia albida, capable de transformer l’azote de l’air pour fertiliser les sols, et le teck d’Arabie, Cordia africana, réputé pour son bois résistant et ses fruits. L’objectif est clair : replanter ces essences après une catastrophe, qu’elle soit naturelle ou humaine. Cependant, cette ambition ne se réalise pas sans défis. Il est crucial de recréer des environnements propices à leur croissance, faute de quoi la biodiversité pourrait en pâtir. Placer des arbres hors de leur zone d’origine pourrait conduire à des déserts écologiques, comme le prévient Éliane Ubalijoro. Les pollinisateurs locaux, ne reconnaissant pas ces espèces, pourraient ignorer ces arbres, compromettant ainsi l’écosystème.

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Le rôle indispensable des femmes

En Afrique, l’agriculture repose souvent sur les épaules des femmes, avec plus de 60 % d’entre elles participant activement à cette activité. Le savoir local, en particulier celui des femmes, est donc essentiel pour maintenir la biodiversité. Les « cultures féminines » doivent être priorisées pour garantir leur pérennité. La banque de graines du Svalbard ne se contente pas de stocker des semences alimentaires. Elle veille aussi sur des plantes africaines aux propriétés médicinales inestimables. L’Acacia polyacantha, le baobab Adansonia digitata et le Sesbania sesban sont autant d’espèces qui rejoignent ce coffre-fort, prêtes à combattre serpents, maladies rénales ou inflammations. Avec plus d’un million de graines de 177 espèces différentes, cette banque constitue un véritable sanctuaire de la biodiversité.

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Une journaliste au service de la science

Nastasia, journaliste scientifique pour GEO, a toujours été fascinée par la complexité du vivant. Avec un double Master en écologie et en journalisme scientifique, elle s’est impliquée dans des recherches au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Ses voyages à travers l’Afrique, l’Amérique centrale et l’Asie ont enrichi sa compréhension des relations entre les sociétés humaines et leurs écosystèmes. Sa maîtrise de plusieurs langues lui permet d’accéder à des sources variées, notamment dans les domaines de la biodiversité et du climat. Ce parcours éclectique nourrit sa passion pour la transmission de connaissances, un engagement qu’elle partage à travers ses articles sur la biodiversité et les enjeux environnementaux.

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Préserver pour les générations futures

La préservation des semences africaines au Svalbard est une initiative qui va bien au-delà de la simple conservation. C’est une démarche proactive pour assurer la résilience des écosystèmes et la sécurité alimentaire mondiale. En protégeant ces graines, nous sauvegardons une part essentielle de notre patrimoine naturel et culturel. Les défis sont nombreux : maintien de la biodiversité, adaptation aux changements climatiques, et intégration des savoirs locaux. Pourtant, ces obstacles doivent être surmontés pour garantir un avenir durable. Notre capacité à protéger et à restaurer les écosystèmes dépend de notre volonté collective d’agir. Quelle sera notre prochaine étape pour harmoniser développement humain et respect de la nature ?

Fanja Rakotonirina

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Fanja Rakotonirina

Fanja Rakotonirina a travaillé dans la microfinance avant de se tourner vers le journalisme économique. Elle couvre pour Afriquenligne l'économie, la santé publique et la culture, avec un intérêt marqué pour l'entrepreneuriat féminin et les chiffres qui éclairent la vie quotidienne. Le week-end, elle chante dans une chorale.