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« Les plantes se tuent elles-mêmes » : ce procédé révolutionnaire sauve les récoltes

Fanja Rakotonirina Par Fanja Rakotonirina
3 min de lecture
« Les plantes se tuent elles-mêmes » : ce procédé révolutionnaire sauve les récoltes
Des chercheurs manipulent des cultures en laboratoire pour développer des solutions innovantes contre les mauvaises herbes parasites.
EN BREF
  • Les mauvaises herbes parasites menacent les récoltes en Afrique subsaharienne et en Asie.
  • Les strigolactones, des hormones végétales, sont utilisées par les chercheurs pour perturber les parasites.
  • Des systèmes innovants recréant ces hormones ont été développés à partir de bactéries et de levures.
  • Potentiel révolutionnaire pour l’agriculture et des applications médicales et environnementales.

Les mauvaises herbes parasites représentent un problème majeur pour l’agriculture, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie, où elles ravagent les cultures de base comme le riz et le sorgho. Ces plantes nuisibles s’attaquent aux cultures en leur volant leurs nutriments essentiels, compromettant ainsi les récoltes et aggravant l’insécurité alimentaire. Cependant, des chercheurs de l’Université de Californie à Riverside ont peut-être découvert une méthode pour retourner la situation en utilisant la biologie même des mauvaises herbes contre elles.

Le rôle clé des strigolactones

Les strigolactones sont des hormones végétales qui jouent un double rôle crucial. D’une part, elles aident les plantes à réguler leur croissance et à répondre aux stress environnementaux comme le manque d’eau. D’autre part, elles servent de signaux externes pour attirer les champignons bénéfiques présents dans le sol. Cette double fonction des strigolactones en fait des composés uniques dans le monde végétal.

Malheureusement, les mauvaises herbes parasites ont appris à exploiter ces signaux à leur avantage. Lorsqu’elles détectent la présence de strigolactones, elles germent et s’accrochent aux racines des cultures, drainant les nutriments vitaux. C’est ce processus que les chercheurs de l’UCR cherchent à perturber en envoyant aux mauvaises herbes un signal trompeur, les incitant à germer lorsqu’il n’y a rien à parasiter, les condamnant ainsi à mourir de faim.

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Une avancée scientifique prometteuse

Pour parvenir à manipuler les strigolactones, l’équipe de recherche dirigée par Yanran Li a développé un système innovant utilisant des bactéries et des levures. En ingénierie des cellules d’E. coli et de levure pour qu’elles fonctionnent comme de petites usines chimiques, les chercheurs ont pu reconstituer les étapes biologiques nécessaires à la production de ces hormones. Cette avancée permet une étude approfondie de la synthèse des strigolactones dans un environnement contrôlé.

Les chercheurs ont également identifié une branche métabolique cruciale dans l’évolution des strigolactones, passant de régulateurs internes à signaux externes. Cette découverte pourrait ouvrir de nouvelles voies pour manipuler ces hormones et développer des solutions agricoles plus efficaces.

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Applications potentielles au-delà de l’agriculture

Les strigolactones ne se contentent pas d’offrir des solutions aux problèmes agricoles. Certains chercheurs voient en elles un potentiel pour des applications médicales et environnementales. Des études suggèrent qu’elles pourraient être utilisées comme agents anti-cancéreux ou anti-viraux. De plus, leur rôle potentiel dans la lutte contre la maladie du verdissement des agrumes, qui cause des dégâts importants en Floride, suscite un intérêt croissant.

Provoquer le 'suicide' des plantes parasites pour soutenir les agriculteurs
Provoquer le ‘suicide’ des plantes parasites pour soutenir les agriculteurs

Cependant, il reste des questions quant à l’efficacité de la stratégie de suicide des mauvaises herbes dans des conditions réelles. Les chercheurs s’efforcent d’affiner le signal chimique pour maximiser son efficacité, ce qui pourrait transformer la lutte des agriculteurs contre ces parasites en un véritable atout.

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Le potentiel révolutionnaire de la recherche

La recherche menée par l’équipe de l’UCR, sous la direction de la professeure Julia Bailey-Serres, représente une avancée majeure dans le domaine de la biologie végétale et de l’agriculture. En comprenant mieux le rôle des strigolactones et en maîtrisant leur production, les scientifiques ouvrent la voie à des techniques agricoles plus durables et efficaces.

La capacité à manipuler ces hormones pourrait révolutionner la manière dont nous abordons la lutte contre les mauvaises herbes parasites, offrant ainsi un nouvel espoir aux agriculteurs confrontés à des pertes de récoltes dévastatrices. Toutefois, il reste à voir comment ces découvertes se traduiront concrètement sur le terrain.

La recherche sur les strigolactones et leur utilisation potentielle pour induire le suicide des mauvaises herbes pourrait-elle vraiment transformer l’avenir de l’agriculture ? Face aux défis croissants de la sécurité alimentaire mondiale, quelles autres innovations scientifiques pourraient émerger pour soutenir les agriculteurs dans leur lutte quotidienne contre les parasites ?

Fanja Rakotonirina

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Fanja Rakotonirina

Fanja Rakotonirina a travaillé dans la microfinance avant de se tourner vers le journalisme économique. Elle couvre pour Afriquenligne l'économie, la santé publique et la culture, avec un intérêt marqué pour l'entrepreneuriat féminin et les chiffres qui éclairent la vie quotidienne. Le week-end, elle chante dans une chorale.