Suite au gel des réserves de change russe par l’Occident, des tensions s’élèvent sur la scène internationale, l’Arabie saoudite en tête. De profondes répercussions sont prévues sur le système monétaire mondial, posant la question de l’émergence de nouvelles monnaies maîtresses dans un futur proche.
Inquiétudes de l’Arabie saoudite
Selon le Financial Times, le ministre des Finances saoudien a exprimé ses préoccupations lors de la dernière rencontre du G20. Derrière le gel des réserves russes s’illustre la volonté du G7 de puiser dans ces fonds pour financer le conflit en Ukraine. La radicalité de cette mesure pose question : quelles en seraient réellement les conséquences ?
L’Arabie saoudite et l’OPEP, détenteurs d’une large portion de la dette occidentale, craignent que la saisie définitive des réserves russes ne mette en péril l’ordre monétaire international. Par ailleurs, Ryad a déjà réduit en anticipation ses réserves en bons du Trésor US. La saisie des réserves russes aurait un impact majeur sur l’image de l’Europe, puisqu’une grande part de ces actifs gelés (plus de 190 milliards) sont en euros.
Mise en danger de l’euro par les États-Unis
Les États-Unis ont validé fin mai un budget de 61 milliards de dollars pour financer l’armement de l’Ukraine. Cette mesure attribue également à la Maison-Blanche le droit de s’emparer des actifs russes détenus par les États-Unis. Bien que cette mesure semble sans danger direct pour eux, elle fait part d’une stratégie plus large.
En effet, Washington pourrait également envisager de saisir les 770 milliards de dollars de réserves chinoises, un mouvement qui accentuerait les tensions déjà existantes. Une idée aussi radicale serait de débloquer un prêt de 50 milliards de dollars, garanti par les intérêts des actifs gelés. Cependant, cette proposition entrainerait l’UE à envisager d’acheter conjointement des armes pour l’Ukraine avec les intérêts générés par les actifs russes, ce qui aurait un impact direct sur le statut de l’euro comme monnaie de réserve internationale.
Réplique prévisible de la Russie
La Russie, de son côté, pourrait envisager de s’emparer des actifs européens sur son territoire, en représailles. Les actifs appartenant aux entreprises étrangères en Russie s’élèvent à 285 milliards de dollars, dont une grande part (~105 milliards) est détenue par des entreprises européennes.
Par ailleurs, les représailles de la Russie pourraient se déployer par l’intermédiaire des BRICS et des trente nations souhaitant intégrer ce groupe. Ceci pourrait accélérer le processus de dédollarisation, même si le commerce en monnaies nationales reste limité. Mais alors, quelles solutions pour remplacer le dollar et l’euro comme monnaies d’échanges internationaux ?
L’émergence du Bitcoin ?
Dans le paysage actuel, l’or est très sollicité mais demeure un métal non-déplaçable par la fibre. Si la volonté de retirer aux États-Unis leur privilège exorbitant est réelle, il faudrait envisager une monnaie à la pointe de la technologie. Le Bitcoin pourrait jouer ce rôle crucial étant une monnaie apatride et un réseau de paiement non censurable auquel chacun est libre de participer. Est-ce donc le moment de forger un nouveau système monétaire international où le Bitcoin serait une pièce maîtresse ?




