Politique

Le gouvernement burundais commence à taxer les fonctionnaires pour financer les élections de 2020

Andry Rakotomala Par Andry Rakotomala
1 min de lecture
Le gouvernement burundais commence à taxer les fonctionnaires pour financer les élections de 2020
Les différentes provinces du Burundi/Source : Wikimedia Commons

Le Burundi va taxer le salaire de ses fonctionnaires afin de financer les prochaines élections générales prévues pour l’année 2020.

Une déduction importante

Les fonctionnaires vont perdre 10 % de leurs gains mensuels, qui vont être versés dans un fonds mis de côté pour assurer la tenue des élections malgré l’absence de soutien des bailleurs internationaux. Le gouvernement a déjà déclaré que les travailleurs de la fonction publique gagnant entre 50 000 et 500 000 francs burundais (28 à 280 dollars) perdraient 5 000 francs (2,80 dollars) sur leur salaire, tandis que ceux qui gagnent plus d’un million de francs seront ponctionnés d’un mois de salaire par an.

Pierre Nkurunziza/Source : Wikimedia Commons

Une décision largement contestée

Cette déduction de salaire a été adoptée malgré des négociations non concluantes avec les principaux syndicats du pays. Un porte-parole du gouvernement a justifié la décision dans une interview accordée à la BBC. « Les pourparlers n’arrêteront pas ce processus », a déclaré Therence Nthahiraja, un porte-parole du ministère de l’Intérieur. Il est important de rappeler que les partenaires historiques du pays ont stoppé leur soutien financier en 2015 suite à des élections contestées au cours desquelles le président Pierre Nkurunziza a remporté un troisième mandat malgré les deux mandants définis par la constitution. La constitution a depuis été modifiée pour permettre à Nkuruziza de briguer plusieurs mandats.

Andry Rakotomala

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Andry Rakotomala

Andry Rakotomala a été pendant plusieurs années correspondant à Antananarivo pour des publications francophones, avant de rejoindre Afriquenligne. Il suit la vie politique du continent, les scrutins, les réformes institutionnelles et la société civile, en citant les textes officiels plutôt que leurs commentaires. Il lit la presse de cinq pays chaque matin, dans l'ordre alphabétique.