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L’entreprise française et le géant américain s’allient pour révolutionner l’énergie avec un réacteur nucléaire inédit

Andry Rakotomala Par Andry Rakotomala
4 min de lecture
L’entreprise française et le géant américain s’allient pour révolutionner l’énergie avec un réacteur nucléaire inédit
Illustration de Stellarium, le mini-réacteur à neutrons rapides destiné à alimenter les centres de données en énergie propre.
EN BREF
  • Le réacteur Stellarium utilise des neutrons rapides et des sels fondus pour réduire les déchets nucléaires.
  • Avec une densité énergétique immense, il promet une autonomie de 20 ans sans ravitaillement.
  • En partenariat avec Equinix, il alimentera les centres de données avec une électricité décarbonée.
  • Stellaria prévoit un déploiement à partir de 2035, transformant le paysage énergétique mondial.

Stellarium, un projet révolutionnaire, est à l’avant-garde de la technologie nucléaire avec son mini-réacteur à neutrons rapides. Ce cube de 4 mètres sur 4, développé par la start-up française Stellaria, représente une avancée majeure dans le domaine de l’énergie. Fonctionnant avec un cœur liquide à base de sels fondus, il promet de surmonter certaines des limitations des réacteurs traditionnels. En partenariat avec Equinix, un géant des centres de données, Stellaria prévoit d’installer ces réacteurs pour répondre à la demande énergétique croissante de l’industrie numérique. Ce projet innovant pourrait bien transformer le paysage énergétique mondial.

Stellarium : une innovation nucléaire au service des centres de données

Le réacteur Stellarium, avec sa technologie de génération IV, utilise des neutrons rapides et des sels fondus pour produire de l’énergie. Contrairement aux réacteurs conventionnels qui utilisent des pastilles d’uranium solides, Stellarium fonctionne avec un fluide de chlorures fondus circulant en circuit fermé. Ce système permet de rebrûler les déchets nucléaires existants, notamment ceux contenant du plutonium, et de réduire ainsi les déchets radioactifs. Cette approche innovante offre également une autonomie de plus de 20 ans sans besoin de combustible neuf, ce qui est une première dans le domaine.

Le partenariat avec Equinix permettra à ces réacteurs d’être installés directement sous les centres de données. Cela fournira une source d’électricité décarbonée et stable, essentielle pour l’industrie numérique en pleine expansion. Les data centers, qui consomment d’énormes quantités d’énergie, bénéficieront d’une solution énergétique indépendante des fluctuations des prix des combustibles fossiles et des limitations des énergies renouvelables.

Ébauche du Stellarium (source : Stellaria)
Ébauche du Stellarium (source : Stellaria)

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Technologie avancée et sécurité intégrée

La technologie de Stellarium repose sur une densité énergétique exceptionnelle, 70 millions de fois supérieure à celle des batteries lithium-ion. En cas d’urgence, le refroidissement passif par convection naturelle assure une sécurité optimale, sans besoin de systèmes actifs. Le réacteur est encapsulé dans quatre barrières de sécurité, garantissant une protection maximale. De plus, le concept d’« isogénération » permet au réacteur de régénérer une partie de son combustible en temps réel, prolongeant ainsi sa durée de fonctionnement sans ravitaillement.

Cette technologie s’inscrit dans une vision de durabilité énergétique, où la destruction des déchets nucléaires et la production d’énergie propre vont de pair. Le réacteur accepte divers combustibles, y compris le thorium, qui est souvent considéré comme une alternative plus écologique. Cette capacité à utiliser et à recycler des matériaux radioactifs pourrait révolutionner la gestion des déchets nucléaires à l’échelle mondiale.

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Un avenir prometteur pour l’industrie nucléaire

Stellaria, en partenariat avec Equinix, prévoit de démarrer la production d’énergie avec Stellarium dès 2035. La jeune pousse française, issue du CEA et de Schneider Electric, a déjà levé des fonds significatifs pour lancer son projet. Le calendrier ambitieux de Stellaria inclut une première réaction de fission en laboratoire dès 2029, suivie de l’installation de réacteurs opérationnels en 2035. En limitant les innovations au strict nécessaire, Stellaria espère obtenir rapidement les autorisations de sûreté et accélérer l’industrialisation de sa technologie.

Le succès de Stellarium pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de l’énergie nucléaire, plus propre et plus efficace. Avec une capacité réservée de 500 mégawatts pour Equinix, Stellaria se positionne comme un acteur clé dans la transition énergétique mondiale. L’approche pragmatique et innovante de l’entreprise pourrait bien transformer la perception de l’énergie nucléaire dans les années à venir.

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Comparaison avec d’autres réacteurs de génération IV

Les réacteurs de génération IV, dont fait partie Stellarium, regroupent diverses technologies visant à produire une énergie plus propre et durable. Parmi ces technologies, on trouve les réacteurs refroidis au gaz à haute température (HTGR), au plomb fondu ou au sodium liquide. Chaque technologie offre des avantages uniques, tels que le recyclage du combustible, la résilience thermique ou la production d’hydrogène.

La Chine avance rapidement avec son réacteur HTR-PM à haute température, tandis que l’Inde met l’accent sur les réacteurs au thorium. La Russie, quant à elle, développe le BREST-OD-300, un réacteur à neutrons rapides utilisant du plomb-bismuth. Ces projets illustrent la diversité des approches pour atteindre un objectif commun : une énergie nucléaire plus sûre et plus respectueuse de l’environnement. Chaque technologie pourrait jouer un rôle crucial dans la transition énergétique mondiale.

Le projet Stellarium incarne une vision audacieuse de l’avenir de l’énergie nucléaire. En associant innovation technologique et partenariat stratégique, Stellaria pourrait redéfinir les standards de l’industrie. Mais alors que l’entreprise avance à grands pas vers ses objectifs, une question demeure : comment cette révolution énergétique influencera-t-elle les politiques énergétiques mondiales et les perceptions publiques concernant l’énergie nucléaire ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Andry Rakotomala

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Andry Rakotomala

Andry Rakotomala a été pendant plusieurs années correspondant à Antananarivo pour des publications francophones, avant de rejoindre Afriquenligne. Il suit la vie politique du continent, les scrutins, les réformes institutionnelles et la société civile, en citant les textes officiels plutôt que leurs commentaires. Il lit la presse de cinq pays chaque matin, dans l'ordre alphabétique.