Environnement

« C’est stupéfiant » : la Chine transforme la pollution urbaine en alliée pour terrasser les canicules brûlantes

Fanja Rakotonirina Par Fanja Rakotonirina
4 min de lecture
« C’est stupéfiant » : la Chine transforme la pollution urbaine en alliée pour terrasser les canicules brûlantes
Illustration de l'innovation d'un béton auto-refroidissant réduisant la chaleur urbaine et l'impact climatique.
EN BREF
  • Le béton auto-refroidissant atteint une réflectance solaire de 96,2 %, réduisant ainsi la chaleur absorbée.
  • Des cristaux d’ettringite agissent comme des miroirs, dispersant efficacement la lumière solaire.
  • Ce matériau innovant pourrait considérablement diminuer les îlots de chaleur urbains, améliorant le confort thermique en ville.
  • Une utilisation à grande échelle de ce béton pourrait contribuer à un bilan carbone net négatif.

Le développement urbain contemporain est souvent associé à des défis environnementaux considérables, parmi lesquels la gestion de la chaleur excessive en période estivale. Les matériaux de construction traditionnels, tels que le béton, sont connus pour leur capacité à emmagasiner la chaleur, exacerbant ainsi le phénomène des îlots de chaleur urbains. Toutefois, une avancée scientifique prometteuse pourrait transformer cette faiblesse en un atout majeur. Une équipe de chercheurs en Chine a mis au point un béton auto-refroidissant capable de réduire sa température de surface sans recours à l’énergie électrique. Ce matériau innovant offre une perspective nouvelle sur la manière de construire des villes durables et résilientes face aux changements climatiques.

Une innovation basée sur la réflectance et l’émissivité

La clé de ce nouveau béton réside dans sa capacité à réfléchir la lumière solaire et à émettre la chaleur absorbée sous forme de rayonnement infrarouge. Grâce à une composition chimique spécifique et une architecture photonique avancée, ce matériau atteint une réflectance solaire de 96,2 %. Cela signifie qu’il renvoie la quasi-totalité de l’énergie solaire qu’il reçoit. Parallèlement, il émet 96 % de sa chaleur en infrarouge, ce qui permet une dissipation efficace de la chaleur accumulée.

Ce fonctionnement repose sur des particules de clinker modifiées, qui diffusent le rayonnement solaire tout en émettant de la chaleur. Comparé aux bétons traditionnels, ce ciment se distingue par son rôle de réfrigérateur passif, n’absorbant qu’une infime partie de la chaleur solaire. Ces propriétés en font un matériau particulièrement adapté aux environnements urbains chauds, où il pourrait contribuer significativement à la baisse des températures ambiantes.

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Les cristaux d’ettringite : un secret bien gardé

Un autre aspect innovant de ce ciment est l’incorporation de cristaux d’ettringite qui se forment spontanément à sa surface lors de l’hydratation. Ces cristaux agissent comme des miroirs microscopiques, dispersant la lumière solaire en multiples directions. Ce procédé est rendu possible grâce à des interactions chimiques précises qui se déclenchent lors de la mise en œuvre du béton.

La structure poreuse hiérarchisée de la surface améliore encore la réflexion de la lumière, créant un effet de matelas optique multicouche. Contrairement aux procédés conventionnels nécessitant des conditions de laboratoire strictes, cette technique ne requiert pas de température élevée, rendant sa mise en œuvre plus accessible et adaptable à grande échelle.

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Des performances thermiques éprouvées en conditions réelles

Les tests réalisés en conditions réelles ont démontré l’efficacité du ciment auto-refroidissant. Par une température extérieure de 38,4 °C, le béton standard atteint 59 °C, alors que le nouveau ciment maintient sa température à 5,4 °C en dessous de celle de l’air ambiant. Cette différence notable est obtenue sans l’ajout de films ou de traitements de surface spéciaux, garantissant une durabilité accrue du matériau.

Le ciment a également fait preuve de stabilité optique et mécanique lors de tests de compression, de flexion et d’adhérence. Sa résistance aux cycles de gel-dégel, aux acides et aux rayons ultraviolets en fait un matériau robuste et durable, apte à résister aux contraintes climatiques et environnementales intenses.

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Un potentiel énorme pour la lutte contre le changement climatique

À grande échelle, l’application de ce béton auto-refroidissant pourrait jouer un rôle crucial dans la réduction des îlots de chaleur urbains et de la consommation énergétique des bâtiments. En diminuant la température des surfaces urbaines, ce matériau contribuerait à réduire l’utilisation de la climatisation, entraînant des économies d’énergie significatives.

Une évaluation du cycle de vie suggère qu’il pourrait même avoir un bilan carbone net négatif, capturant plus de carbone qu’il n’en émet lors de sa production. Cette perspective ouvre la voie à une utilisation plus durable du béton, transformant un matériau traditionnellement énergivore en un allié dans la lutte contre le changement climatique.

Face à l’urgence climatique, comment ces innovations dans le domaine des matériaux pourraient-elles être adoptées à grande échelle pour transformer radicalement nos environnements urbains ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Fanja Rakotonirina

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Fanja Rakotonirina

Fanja Rakotonirina a travaillé dans la microfinance avant de se tourner vers le journalisme économique. Elle couvre pour Afriquenligne l'économie, la santé publique et la culture, avec un intérêt marqué pour l'entrepreneuriat féminin et les chiffres qui éclairent la vie quotidienne. Le week-end, elle chante dans une chorale.