Économie

« Ils extraient de l’or à mains nues » : découvrez la méthode artisanale qui fait des millionnaires en Afrique de l’Ouest

Andry Rakotomala Par Andry Rakotomala
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« Ils extraient de l’or à mains nues » : découvrez la méthode artisanale qui fait des millionnaires en Afrique de l’Ouest
Illustration de l'exploitation minière artisanale en Côte d'Ivoire et son inspiration du modèle ghanéen (création par IA, non réaliste).
EN BREF
  • La Côte d’Ivoire s’inspire du modèle ghanéen pour réguler son or artisanal.
  • L’EMAPE ivoirien contribue actuellement à seulement 1,2 % de la production nationale d’or.
  • La formalisation du secteur vise à réduire la contrebande et les impacts environnementaux.
  • L’implication des communautés locales est essentielle pour un développement minier inclusif.

La Côte d’Ivoire se trouve à un moment charnière de son développement minier. Inspirée par l’exemple ghanéen, elle cherche à structurer sa filière d’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) pour maximiser ses bénéfices économiques tout en minimisant son impact environnemental et social. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où l’or, ressource précieuse, attire convoitises et défis. À travers cet article, nous explorerons les différents aspects de cette transition en Côte d’Ivoire, en analysant les enjeux, les défis et les opportunités qui se présentent.

Une ambition de structuration inspirée du modèle ghanéen

Le Ghana a récemment mis en place un régulateur unique, le Ghana Gold Board (GoldBod), pour encadrer l’exploitation minière artisanale. Ce modèle centralisé a démontré son efficacité en augmentant la contribution de l’or artisanal à la production nationale. La Côte d’Ivoire, avec une contribution actuelle dérisoire de 1,2 % à sa production d’or, aspire à s’inspirer de ce modèle pour améliorer sa propre filière EMAPE.

Le ministre ivoirien des Mines, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a clairement exprimé cette ambition lors d’un atelier crucial en avril 2025. La question posée était sans équivoque : comment la petite mine peut-elle contribuer davantage au développement du secteur minier ivoirien ? Avec seulement 730 kg produits en 2024, il est impératif d’optimiser la production et d’améliorer les mécanismes de régulation pour transformer l’EMAPE en véritable moteur de croissance économique.

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Les paradoxes de l’exploitation minière artisanale en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire se heurte à un paradoxe dans sa gestion de l’EMAPE. D’un côté, un cadre légal restrictif visant à protéger la souveraineté économique en réservant cette activité aux nationaux. De l’autre, une réalité où l’orpaillage illégal persiste, alimenté par une demande internationale en forte croissance et des capacités étatiques limitées pour surveiller le secteur.

Le prix élevé de l’or, atteignant 3.306 dollars l’once début mai 2025, exacerbe cette situation. L’informalité et les pratiques illégales associées à l’EMAPE alimentent une image négative, renforcée par les conflits locaux, la dégradation environnementale et l’utilisation non contrôlée de produits toxiques comme le mercure. Malgré une augmentation des autorisations d’exploitation, la formalisation du secteur reste un défi majeur à relever pour la Côte d’Ivoire.

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Les leçons à tirer du succès du Ghana

Le modèle ghanéen, avec son régulateur unique, a permis de transformer l’or artisanal en levier économique. En contrôlant l’ensemble de la chaîne de production, le Ghana a réussi à réduire les flux illicites et à renforcer la contribution de la petite mine à sa production nationale. Pour la Côte d’Ivoire, cet exemple est crucial, car l’or clandestin alimente des réseaux transnationaux, érodant à la fois les recettes fiscales et la stabilité régionale.

Avec un prix de l’or à 106 dollars le gramme début mai 2025, la formalisation de l’EMAPE devient urgente. Chaque jour sans régulation solide renforce les réseaux parallèles. Un cadre inspiré du GoldBod, mais adapté au contexte ivoirien, pourrait transformer la petite mine en un pilier de développement, au lieu d’une source de vulnérabilité.

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Vers un modèle ivoirien de durabilité et de RSE

La durabilité de l’EMAPE en Côte d’Ivoire repose sur un équilibre délicat entre exploitation minière et préservation écologique. La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) doit être au cœur de cette transition, en s’articulant autour de la traçabilité et de la gestion communautaire.

À l’instar du Ghana, certifier l’or artisanal pourrait rassurer les investisseurs étrangers et les banques centrales. La gestion communautaire, avec l’implication des chefs traditionnels, est essentielle pour réduire les conflits et ancrer les projets miniers dans le tissu social local. Ces approches inclusives sont cruciales pour garantir une redistribution équitable des bénéfices et éviter les tensions entre exploitants, communautés et autorités.

Alors que la Côte d’Ivoire cherche à structurer son secteur minier artisanal, les défis sont nombreux et complexes. Toutefois, les opportunités de développement économique et social sont tout aussi significatives. La question reste ouverte : la Côte d’Ivoire parviendra-t-elle à créer un modèle minier artisanal durable et inclusif, inspiré des meilleures pratiques régionales tout en respectant ses spécificités locales ?

Andry Rakotomala

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Andry Rakotomala

Andry Rakotomala a été pendant plusieurs années correspondant à Antananarivo pour des publications francophones, avant de rejoindre Afriquenligne. Il suit la vie politique du continent, les scrutins, les réformes institutionnelles et la société civile, en citant les textes officiels plutôt que leurs commentaires. Il lit la presse de cinq pays chaque matin, dans l'ordre alphabétique.