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« Cette mutation stupéfiante défie la mort abyssale » : elle permet à des créatures des grands fonds de survivre dans des conditions extrêmes que l’on pensait incompatibles avec la vie

Fanja Rakotonirina Par Fanja Rakotonirina
4 min de lecture
« Cette mutation stupéfiante défie la mort abyssale » : elle permet à des créatures des grands fonds de survivre dans des conditions extrêmes que l’on pensait incompatibles avec la vie
Dans les abysses des océans, des créatures fascinantes ont développé des adaptations génétiques uniques pour survivre sous une pression extrême.
EN BREF
  • Les profondeurs abyssales présentent des conditions extrêmes avec des pressions écrasantes et une absence totale de lumière.
  • Une mutation convergente dans le gène rtf1 est cruciale pour l’adaptation des espèces à ces environnements hostiles.
  • Les invertébrés dominent les grandes profondeurs grâce à leur capacité d’adaptation supérieure.
  • La présence de polluants anthropogéniques dans les abysses soulève des questions sur l’impact de l’activité humaine.

La vie dans les abysses marins est un véritable exploit de la nature. Dans ces profondeurs extrêmes, où la pression dépasse de 1 100 fois celle de l’atmosphère terrestre, des créatures ont non seulement survécu, mais prospéré. Une étude récente publiée dans le journal Cell explore les mécanismes évolutifs qui permettent à ces espèces de s’adapter à des conditions si hostiles. En analysant l’histoire évolutive de 11 espèces des océans Indien central et Pacifique occidental, les chercheurs ont découvert une mutation génétique universelle qui améliore l’efficacité de la transcription sous haute pression.

Les défis d’une vie dans les abysses

La zone hadale, située à plus de 6 000 mètres de profondeur, est l’un des environnements les plus inhospitaliers de la planète. La pression y est écrasante, les températures glaciales, l’oxygène rare et la lumière inexistante. Pourtant, la vie y fleurit. Les créatures qui peuplent ces abysses ont développé des adaptations extraordinaires pour résister à ces conditions extrêmes. Leurs corps sont souvent plus mous pour résister à la pression, et leur métabolisme est adapté à un environnement pauvre en ressources. Ces adaptations sont le fruit d’une longue histoire évolutive, marquée par des défis constants.

Les chercheurs de l’Académie chinoise des sciences et de l’Université polytechnique du Nord-Ouest ont reconstruit l’histoire évolutive de ces espèces, révélant deux principales voies d’évolution. Ces voies, les « survivants anciens » et les « nouveaux immigrants », illustrent la diversité des stratégies évolutives employées pour habiter ces profondeurs.

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La mutation rtf1 : un facteur clé

Au cœur de cette étude se trouve la découverte d’une mutation convergente dans le gène rtf1, qui joue un rôle crucial dans l’adaptation à la pression. Ce gène, présent chez toutes les espèces étudiées vivant au-delà de 3 000 mètres, augmente l’efficacité de la transcription génétique sous haute pression. C’est un exemple frappant d’évolution convergente, où des espèces sans ancêtre commun récent développent des adaptations similaires.

Cette mutation n’est pas le seul facteur d’adaptation, mais elle illustre comment la nature trouve des solutions similaires face à des défis environnementaux communs. Les scientifiques pensent que d’autres modifications génétiques contribuent également à la survie de ces espèces. Cependant, la mutation rtf1 reste un élément central de leur capacité à prospérer dans les abysses.

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Les invertebrés dominent les grandes profondeurs

L’étude a également révélé que les invertébrés ont une plus grande capacité à survivre aux grandes profondeurs océaniques. Deux raisons principales expliquent cette tendance. Premièrement, les vertébrés, en tant que prédateurs de haut niveau, nécessitent des conditions écologiques spécifiques, y compris une population de proies suffisante. Deuxièmement, le système nerveux complexe des vertébrés pourrait être moins tolérant aux pressions extrêmes et à l’obscurité des abysses.

Ces facteurs font que les invertébrés, moins dépendants de conditions écologiques spécifiques et dotés de systèmes nerveux moins complexes, peuvent mieux s’adapter à la vie dans les profondeurs marines. Les résultats de l’étude soulignent l’importance des adaptations spécifiques dans la survie des différentes espèces à de telles profondeurs.

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Les menaces anthropogéniques pour les écosystèmes abyssaux

Malgré leur capacité à s’adapter à des conditions extrêmes, les créatures des abysses ne sont pas à l’abri des menaces posées par l’activité humaine. Les chercheurs ont découvert des traces de polluants anthropogéniques, tels que les biphényles polychlorés (PCBs), dans ces environnements vierges. Ces substances chimiques, persistantes et toxiques, peuvent avoir des effets nocifs sur ces espèces déjà confrontées à des défis extrêmes.

Les scientifiques soulignent la nécessité d’étudier davantage l’impact de ces polluants sur les écosystèmes abyssaux. Alors que nous comprenons mieux les mécanismes évolutifs qui permettent à ces créatures de survivre, comment pouvons-nous protéger ces incroyables écosystèmes des dangers que nous leur imposons ?

Fanja Rakotonirina

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Fanja Rakotonirina

Fanja Rakotonirina a travaillé dans la microfinance avant de se tourner vers le journalisme économique. Elle couvre pour Afriquenligne l'économie, la santé publique et la culture, avec un intérêt marqué pour l'entrepreneuriat féminin et les chiffres qui éclairent la vie quotidienne. Le week-end, elle chante dans une chorale.