Environnement

Cette révolution génétique promet 50 % de viande en plus d’ici 2050 : l’Afrique à l’aube d’une ère d’élevage durable

Volana Rasoamanarivo Par Volana Rasoamanarivo
4 min de lecture
Cette révolution génétique promet 50 % de viande en plus d’ici 2050 : l’Afrique à l’aube d’une ère d’élevage durable
Des éleveurs africains utilisant des technologies génomiques innovantes pour améliorer la résilience et la productivité du bétail face aux défis climatiques.
EN BREF
  • L’Afrique exploite les technologies génomiques pour un élevage plus durable et résilient face au climat.
  • AABNet connecte les éleveurs africains pour améliorer la productivité et partager des données génétiques clés.
  • La demande en produits d’élevage en Afrique de l’Ouest devrait augmenter de 50% d’ici 2050, soulignant un besoin crucial d’innovation.
  • Les initiatives collaboratives renforcent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance ruraux sur le continent.

Les systèmes d’élevage en Afrique font face à des défis croissants, notamment en raison des pressions climatiques et de la demande croissante de produits issus de l’élevage. Grâce à des investissements stratégiques et à une collaboration accrue, il est désormais possible de tirer parti des technologies génomiques et des programmes de sélection pour obtenir des gains génétiques significatifs. Le réseau africain de sélection animale (AABNet) joue un rôle crucial dans ce cadre, en fournissant une plateforme pour les experts en génétique, les éleveurs et les professionnels, afin de renforcer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance ruraux à travers le continent.

Amélioration génétique et durabilité

Historiquement, les efforts d’amélioration génétique se sont concentrés principalement sur la maximisation de la productivité, souvent au détriment des considérations environnementales et climatiques. Cependant, l’Afrique se trouve à un tournant unique, avec l’opportunité de réorienter ces efforts vers un équilibre entre productivité et durabilité. Les interventions doivent être adaptées aux agriculteurs et soutenir les moyens de subsistance, tout en respectant l’environnement. Selon le professeur Appolinaire Djikeng, directeur général de l’Institut international de recherche sur le bétail, il est essentiel de concevoir des programmes de sélection prenant en compte l’adaptation et l’atténuation climatiques. Cela permettrait aux agriculteurs d’accéder à du bétail plus résilient et productif, créant ainsi des systèmes d’élevage bénéfiques à la fois pour les populations et pour la planète.

En dépit du fait que 85 % des éleveurs mondiaux se trouvent en Afrique subsaharienne, cette région ne produit que 2,8 % de la viande et du lait à l’échelle mondiale. Ce décalage de productivité souligne une opportunité significative pour améliorer l’efficacité et la résilience climatique à travers des avancées génétiques. Une population en croissance rapide et une urbanisation accélérée vont également augmenter la demande en produits d’élevage. En Afrique de l’Ouest, par exemple, la demande en viande, en lait et en œufs devrait grimper de 50 % d’ici 2050.

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Le rôle clé de l’AABNet

Le réseau africain de sélection animale (AABNet) se positionne comme un acteur central dans la transformation des systèmes de production de bétail en Afrique. En facilitant l’évaluation génétique à travers plusieurs pays africains, AABNet collecte, stocke et partage des données sur le bétail pour soutenir le développement d’animaux plus productifs et résilients face au climat. Ce réseau renforce également le développement professionnel, les partenariats éducatifs, les opportunités de formation et l’entrepreneuriat, promouvant ainsi des collaborations stratégiques pour accélérer les progrès.

Selon le professeur Mizeck Chagunda, co-auteur de l’étude et directeur du Centre pour la génétique et la santé du bétail tropical (CTLGH), cette initiative constitue une opportunité opportune pour améliorer les systèmes agricoles et alimentaires à une époque de croissance démographique et de changement climatique. L’objectif est d’atteindre les visions des Nations unies et de l’Union africaine pour le continent.

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Collaboration et technologie génomique

En connectant les éleveurs à travers l’Afrique, AABNet permet l’échange d’informations, de systèmes d’évaluation et d’outils pour améliorer la productivité et les avancées génétiques. C’est grâce à une réflexion collaborative que l’on peut exploiter les avancées technologiques en génomique, en outils numériques et en technologies de l’information et de la communication pour établir une base solide de programmes d’amélioration durable du bétail en Afrique.

Le potentiel de ces technologies est immense. Elles permettent non seulement une évaluation plus précise des caractéristiques génétiques des animaux, mais aussi une meilleure gestion des ressources disponibles. En intégrant ces outils dans les pratiques locales, il est possible de concevoir des stratégies de sélection qui répondent aux besoins spécifiques des agriculteurs africains.

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Perspectives pour l’avenir

Avec la croissance démographique et l’urbanisation rapide, l’Afrique doit se préparer à une demande croissante de produits d’élevage. Les efforts d’amélioration génétique, lorsqu’ils sont bien ciblés et soutenus par des réseaux tels que l’AABNet, peuvent transformer le paysage de l’élevage sur le continent. L’amélioration de la résilience climatique et l’augmentation de la productivité sont des objectifs clés pour assurer la sécurité alimentaire et améliorer les moyens de subsistance.

Les collaborations internationales, telles que celles initiées par le CTLGH, sont essentielles pour partager les meilleures pratiques et les innovations. En travaillant ensemble, les chercheurs, les éleveurs et les décideurs politiques peuvent surmonter les défis actuels et futurs de l’élevage en Afrique.

Alors que l’Afrique se prépare à relever ces défis, comment les technologies génomiques et les réseaux de collaboration continueront-ils à façonner l’avenir de l’élevage sur le continent?

Volana Rasoamanarivo

Économie, politique, sciences et sociétés d’Afrique

Volana Rasoamanarivo

Volana Rasoamanarivo a étudié la biologie à Antananarivo et travaillé comme assistante de recherche sur les forêts humides de l'est de Madagascar. Pour Afriquenligne, elle écrit sur les sciences, l'environnement, le climat et la biodiversité africaine, en s'appuyant sur les publications scientifiques et les données de terrain. Elle garde toujours un carnet de relevés botaniques dans son sac.