Le vendredi 27 décembre dernier, l’État de Mauritanie a remis à Mohamed Ould Bouamatou une distinction pour ses efforts d’investissement dans le pays. Cette reconnaissance réhabilite en quelque sorte l’homme d’affaires, contraint à l’exil depuis 2013 par l’ancien régime de Mohamed Ould Abdel Aziz.
Le Premier ministre mauritanien, Isamel Ould Beda Ould Cheikh Sidiya, a remis, le vendredi 27 décembre, une distinction à Mohamed Ould Bouamatou, condamné par l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz, à vivre en exil depuis 2013. La distinction attribuée au banquier, pour ses efforts d’investissement en Mauritanie, a été remise en son nom à l’ancien président de la confédération nationale du patronat (CNPM) Aziz Ould El Mami dans le cadre d’une cérémonie qui a réuni tous les hommes d’affaires mauritaniens. Cette cérémonie de reconnaissance a été précédée par le retrait d’une plainte introduite contre lui par des fausses Ongs, à la solde de l’ancien régime.
Mohamed Ould Bouamatou, bête noire de l’ancien régime
Déjà décoré pour ses services rendus à la Nation en 2010, Mohamed Ould Bouamatou vit en exil depuis 2013. Il a été l’objet de nombreuses attaques de la part de l’appareil d’État mauritanien en représailles de son opposition publique au régime militaire du général Mohamed Abdelaziz. Plusieurs de ses entreprises ont été soupçonnées par le pouvoir en place de détournement fiscal. Trois de ses sociétés ont même reçu des avis de redressement fiscal d’un montant total estimé à 10,3 millions d’euros, soit 4,3 milliards d’ouguiyas. Des montants encore jamais vus en Mauritanie, que la presse locale a décrits comme la preuve d’un « acharnement » de la part du régime de Mohamed Abdelaziz contre Mohamed Bouamatou.
En 2017, Mohamed Ould Bouamatou se retrouve sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la justice mauritanienne. Mais les poursuites sont restées vaines car la police internationale (Interpol) a annulé les notices rouges à l’origine du mandat d’arrêt international lancé contre le banquier, en motivant cette décision « par le caractère politique des poursuites dont il fait l’objet ».
Bientôt un retour d’exil ?
Malgré cette réhabilitation de l’ancien patron des patrons en Mauritanie, Mohamed Ould Bouamatou ne devrait revenir au pays qu’après l’annulation des poursuites judiciaires contre lui et un ensemble d’autres mauritaniens dont notamment Mohamed Ould Debagh et Limam Chaafi. Selon les sites arabophones « taqadoum » et « anbaa.info », citant une source proche de la présidence, le nouveau chef d’État mauritanien Mohamed Ould Ghazouani aurait décidé de mettre fin aux poursuites contre l’homme d’affaires et les autres exilés politiques.
Un vent nouveau souffle sur la Mauritanie
Pour le moment, la bonne nouvelle relève des rumeurs. Mais, depuis son élection, le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani s’est engagé dans une nouvelle dynamique de consensus politique pour régler les problèmes du pays et pour la mise en place d’un État de droit garantissant aux Mauritaniens une réelle liberté. Il a ainsi fait libérer plusieurs prisonniers d’opinion, ouvert les médias publics à l’opposition et engagé un dialogue national. Ce nouveau climat propice a d’ailleurs permis le retour au bercail, il y a quelques jours, d’Ahmed Baba Ould Aziz, un autre homme d’affaires qui a eu maille à partir avec le régime Ould Abdelaziz.






